Je me souviens...
On courait vers la barrière et on s'est placées à notre place idéale, changeant de quelques centimètres, rien que pour voir sous quel angle on pourrait mourir de la meilleure façon. J'ai vu ton sourire se dessiner et mes yeux ont photographié l'endroit avant de lâcher la barrière avec difficulté. Je me suis imaginée la scène, toutes les quatre, te faisant part de mes délires sur Danny et Pones rien que pour voir tes réactions. On a passé des heures dehors, combattant contre la chaleur insupportable qui se transformait ensuite en petites gouttes de pluies. Parfois on repassait par l'hôtel, une des nombreuses excuses pour se dégourdir les jambes ou encore ne pas voir le temps avancer lentement. On prenait ma guitare et on s'isolait pour reconstruire des chansons dont on avait oublié la mélodie. On chantait ensemble en pensant continuellement à la troisième personne qui aurait joindre le duo. Je te répétais souvent que je n'y croyais pas, qu'avec même un numéro aussi proche du zéro je n'aurai pas ce bout de fer entre mes mains. Et pourtant...La queue devenait longue et les vigiles nous ont laissés entrer une à une. Je marchais, voyant Hélène, Manon et Laura s'approcher du but. Mon c½ur m'implorait de courir mais mes jambes ne suivaient pas. Je marchais au pas de course, cherchant l'endroit où nos c½urs ont battu un peu plus vite que d'habitude. Je l'ai touché. J'ai soupiré. J'ai écarté mes bras. Tu m'as rejoins suivie de Julie et d'Aline. On a sourit. J'ai senti les larmes me monter mais je les ai ravalées me contentant de sourire comme je sais si bien faire. On s'est regardées toutes les quatre et s'est vite mises à préparer la journée qui nous attendait. J'ai vu les autres filles à l'autre bout de la chaîne qui semblait ne s'arrêter jamais. L'une rêvant, l'autre discutant. L'une fermant les yeux à la recherche du sommeil que la tension avant dévoré depuis un petit temps, l'autre s'isolant à l'aide de son Ipod dans l'univers mystérieux de la musique. Les minutes passaient lentement mais ensemble on trouvait un moyen de ne jamais y penser. On construisait petit à petit la bannière à laquelle on avait pensé la veille. On ne cherchait pas à réclamer l'attention de Danny mais un simple regard de sa part pour faire vivre ce trio qui se promenait dans notre imagination. Je me souviens que je commençais à lire une des nombreuses fics Pones que Julie avait imprimé quand tu avais couru vers moi, criant qu'une des vigiles serait disposée à donner des cadeaux ou autre aux garçons. On avait écrit tout ce qu'on avait sur le c½ur, s'interrompant par moments pour se demander quels mots auraient été les plus appropriés pour lui parler. Tu avais rendu notre trésor avec fierté et on s'était rassises, attendant impatiemment que l'aiguille tourne. Le soleil commençait à se coucher et la foule se rapprochait, nous obligeant à nous lever. Le contact de mes doigts sur le fer m'a fait sourire et je t'ai regardé, contente d'être là avec toi, devant le « câble réel », à quelques mètres de cette avant-scène effrayante où on savait que notre idole poseraient les pieds. Les premiers groupes faisaient leur entrée sur scène, nous faisant danser et chanter au rythme de la musique. On rigolait pour ne pas penser à la pluie qui se déversait sur nos corps, nous faisant grelotter légèrement. Le deuxième groupe était sorti de scène et tes larmes ont commencé à rouler le long de tes joues, me faisant réaliser qu'ils seraient bientôt là. Et enfin...Ils étaient entrés. Tom le premier, levant le bras pour saluer la foule qui criait à gorge déployée. Et Lui. Une chemise aux tons clairs, un léger sourire se dessinant sur le visage et ses cheveux qu'on critiquait tant mais qui sur le moment, étaient d'une beauté inconcevable. Il s'était placé devant son micro et nous n'avions qu'à tourner légèrement la tête pour le voir. Ses épaules s'étaient contractées sous le poids de sa guitare et il observait Dougie et Harry s'installer avant de poser ses doigts sur son instrument. Nos larmes avaient déjà coulé depuis plusieurs minutes et nos mains se serraient comme pour empêcher que l'une de nous deux parte. Ces doigts s'étaient entrelacés pendant une heure et demi, tout comme nos c½urs essoufflés par la course qu'ils parcouraient. La scène était loin mais nos regards étaient proches. Il se comportait comme s'il avait quelque chose à nous prouver. Son existence. Celle qu'on avait du mal à croire malgré le fait qu'il soit devant nous. Son talent. Le niveau de capacité qu'on n'atteindra jamais. Son attirance. Cette chose dont il était parfaitement conscient et qu'il aime montrer. Je n'en sais rien Marie. Mais sur le moment je n'ai vu qu'une chose. Moi, toi et lui. Il a fait tout ce qu'on a toujours rêvé recevoir de sa part. Les soirées interminables sur Internet à parler de lui et de tout ce qu'il faisait pour nous rendre dingue avaient agi comme un boomerang qui venait s'écraser sur nos consciences. Il s'avançait sur l'avant scène, s'approchant de nos visages et faisant peser ses doigts sur sa guitare. Il regardait nos visages mouillés et souriait en grimaçant, comme pour nous faire rire. Il avait fait presque tous ses solos devant nous, un en particulier qu'on avait attendu de pouvoir vivre ensemble. J'avais enfin eu le courage de lever la tête pour regarder ses doigts déferler sur sa guitare noire. Je pouvais enfin avoir une épaule sur laquelle m'appuyer pendant ces trois minutes et une main à serrer. Quelqu'un qui me comprendrait tout simplement.
Manny Giones c'est l'union de trois personnes, chacune vivant sa propre vie, ayant ses problèmes comme ses moments de gloire.
Manny Giones c'est l'union de trois c½urs un soir de Juillet...
à Marie.
à Danny.
& à Everybody Knows.
Merci.